Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le papier
était fabriqué à partir de chiffons.
Cependant, au début de l’ère industrielle,
sa composition est modifiée
par l’utilisation massive de pâtes de
bois et de colophane dans l’encollage.
Ces éléments provoquent l’apparition
d’acide, et par là-même, l’autodestruction
du papier.
La nécessité de fabriquer du papier
de longue conservation est donc
devenue évidente. C’est d’abord en
Grande-Bretagne, puis aux États-Unis
que des papetiers commencent à
produire ce type de papier sans que
des règles précises soient établies.
Les normes qui définissent le papier
permanent ne datent que de 1975.
Un papier permanent se caractérise
par trois paramètres essentiels :
- La pâte à papier,
- La réserve alcaline, ou tampon alcalin,
- Le pH.
La Pâte à papier
La composition de la pâte à papier
exclut totalement la présence de pâte
de bois mécanique, de papier recyclé,
de matériaux composites ou de
mélanges de pâtes.
La Réserve alcaline
La réserve minimale de carbonate de
calcium exigée est de 2% (méthode
TAPPI – Carbonate Uncoated Paper).
Le pH
Le pH d’un papier se mesure sur une
échelle de 0 à 14.
- De 0 à 6 le papier est acide.
- De 8 à 14 il est alcalin.
La neutralité se trouve à 7.
Le minimum exigé pour un papier
permanent fabriqué à partir de pâte
chimique est un pH de 7,5.
Attention : un papier “neutre” ne répond
pas aux critères qui permettent de le
classer en tant que papier de conservation
(excepté le papier 100% coton).
Il faut qu’il soit “tamponné”, c’est-àdire
que l’on ait ajouté à la pâte une
charge alcaline telle que le carbonate
de calcium pour prévenir le retour de
l’acide (par migration ou pollution
atmosphérique). Il faut également
que le papier soit exempt de lignine
qui affaiblit les fibres et provoque la
formation d’acide.
CAS PARTICULIERS
Conservation des photographies, des
dessins avec pigments de couleur, des
textiles (laine et soie), des herbiers,
de certains métaux.
Pour la protection des éléments ci-dessus,
un papier alcalin peut s’avérer néfaste.
En photographie notamment, la stabilisation
de l’image se faisant en milieu
acide, l’alcalinité peut entraîner une
altération du négatif ou des couleurs,
d’où la création d’un papier spécial,
le PHOTOSAFE sans tampon alcalin
(pH 7), composé de coton pur, et
l’ARGENTIA plus récent.
"Un papier neutre ou sans acide
possède un pH proche de 7 ; mais
ce paramètre ne tient pas compte
de sa composition chimique ni de
ses propriétés mécaniques.
Or il existe dans certains papiers
neutres, des impuretés comme la
lignine ou des additifs instables
qui en se dégradant, risquent
d'entraîner une diminution des
propriétés mécaniques du papier.
A long terme, celui-ci peut se fragiliser,
devenir cassant et friable.
Ainsi le pH ne reflète en aucun
cas la qualité intrinsèque du
papier ; neutralité n'est donc pas
forcément synonyme de qualité"
Extrait de Actualité de la Conservation" n° 13,
Bibliothèque Nationale de France.