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Le Papier Permanent

Le Papier Permanent

  • Le Mercredi 20 Août 2008
  • De Extrait de Actualité de la Conservation" n° 13
  • Par Bibliothèque Nationale de France
  • Papier permanent

    Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le papier était fabriqué à partir de chiffons. Cependant, au début de l’ère industrielle, sa composition est modifiée par l’utilisation massive de pâtes de bois et de colophane dans l’encollage. Ces éléments provoquent l’apparition d’acide, et par là-même, l’autodestruction du papier.

    La nécessité de fabriquer du papier de longue conservation est donc devenue évidente. C’est d’abord en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis que des papetiers commencent à produire ce type de papier sans que des règles précises soient établies. Les normes qui définissent le papier permanent ne datent que de 1975. Un papier permanent se caractérise par trois paramètres essentiels :

    • La pâte à papier,
    • La réserve alcaline, ou tampon alcalin,
    • Le pH.

    La Pâte à papier

    La composition de la pâte à papier exclut totalement la présence de pâte de bois mécanique, de papier recyclé, de matériaux composites ou de mélanges de pâtes.

    La Réserve alcaline

    La réserve minimale de carbonate de calcium exigée est de 2% (méthode TAPPI – Carbonate Uncoated Paper).

    Le pH

    Le pH d’un papier se mesure sur une échelle de 0 à 14.

    • De 0 à 6 le papier est acide.
    • De 8 à 14 il est alcalin.

    La neutralité se trouve à 7.

    Le minimum exigé pour un papier permanent fabriqué à partir de pâte chimique est un pH de 7,5.

    Attention : un papier “neutre” ne répond pas aux critères qui permettent de le classer en tant que papier de conservation (excepté le papier 100% coton). Il faut qu’il soit “tamponné”, c’est-àdire que l’on ait ajouté à la pâte une charge alcaline telle que le carbonate de calcium pour prévenir le retour de l’acide (par migration ou pollution atmosphérique). Il faut également que le papier soit exempt de lignine qui affaiblit les fibres et provoque la formation d’acide.

    CAS PARTICULIERS Conservation des photographies, des dessins avec pigments de couleur, des textiles (laine et soie), des herbiers, de certains métaux.

    Pour la protection des éléments ci-dessus, un papier alcalin peut s’avérer néfaste. En photographie notamment, la stabilisation de l’image se faisant en milieu acide, l’alcalinité peut entraîner une altération du négatif ou des couleurs, d’où la création d’un papier spécial, le PHOTOSAFE sans tampon alcalin (pH 7), composé de coton pur, et l’ARGENTIA plus récent.

    "Un papier neutre ou sans acide possède un pH proche de 7 ; mais ce paramètre ne tient pas compte de sa composition chimique ni de ses propriétés mécaniques. Or il existe dans certains papiers neutres, des impuretés comme la lignine ou des additifs instables qui en se dégradant, risquent d'entraîner une diminution des propriétés mécaniques du papier. A long terme, celui-ci peut se fragiliser, devenir cassant et friable. Ainsi le pH ne reflète en aucun cas la qualité intrinsèque du papier ; neutralité n'est donc pas forcément synonyme de qualité"

    Extrait de Actualité de la Conservation" n° 13, Bibliothèque Nationale de France.

Tél : 01 48 15 51 51

* tous les prix sont des prix nets unitaires hors taxes

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